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Belle Orchidée

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Anecdotes sur les orchidées

Une famille de plantes aussi étrange ne pouvait qu’inspirer des histoires étonnantes. En voici quelques-unes, toutes vraies, ou presque.

Paphiopedilum sanderianum aux pétales très longs et torsadés
Photo Naoki Takebayashi, CC BY-SA 4.0

Le papillon que Darwin avait prédit

En 1862, Charles Darwin reçoit de Madagascar une orchidée blanche étoilée, Angraecum sesquipedale. Son nectar se trouve au fond d’un éperon de près de trente centimètres. Darwin en conclut qu’il doit exister à Madagascar un papillon de nuit dont la trompe atteint cette longueur, seul capable de l’atteindre et de la polliniser. On se moque un peu de lui.

En 1903, plus de vingt ans après sa mort, les entomologistes Walter Rothschild et Karl Jordan décrivent un sphinx de Madagascar à la trompe démesurée. Ils le baptisent praedicta, « celui qui avait été prédit ».

Le secret de la vanille

La vanille est le fruit d’une orchidée du Mexique, Vanilla planifolia. Transplantée à La Réunion (alors l’île Bourbon), elle fleurit mais ne donne aucune gousse : l’abeille qui la pollinise au Mexique n’existe pas sur l’île.

En 1841, un enfant esclave de douze ans, Edmond Albius, met au point un geste simple pour polliniser la fleur à la main, avec une fine baguette. Sa technique est toujours utilisée aujourd’hui dans toutes les plantations du monde. Il n’en tirera ni fortune ni reconnaissance de son vivant.

Une orchidée en guise d’emballage

Vers 1818, l’horticulteur anglais William Cattley reçoit du Brésil une caisse de plantes. Selon le récit le plus souvent raconté, des tiges épaisses servaient à caler les plantes dans la caisse. Intrigué, il les met en culture : elles donnent de grandes fleurs mauves au parfum puissant. Le botaniste John Lindley la décrit en 1821 sous le nom de Cattleya labiata. Le cattleya devient l’orchidée la plus célèbre du siècle.

L’ophrys abeille, une séductrice

Certaines orchidées sauvages d’Europe, les ophrys, n’offrent aucun nectar. Leur labelle imite la forme, le velouté et même l’odeur d’une femelle d’insecte. Le mâle s’y pose, tente de s’accoupler… et repart avec les pollinies collées sur la tête, qu’il déposera sur la fleur suivante. On appelle ce stratagème la pseudocopulation. L’ophrys abeille, que l’on rencontre dans les prairies françaises, s’est même passée de son insecte : elle se pollinise le plus souvent elle-même.

Des millions de graines

Une seule capsule d’orchidée peut contenir plusieurs centaines de milliers, voire quelques millions de graines, aussi fines que de la poussière et emportées par le vent. Elles ne contiennent presque aucune réserve : pour germer, chacune doit rencontrer le champignon microscopique qui la nourrira. Très peu y parviennent.

L’orchidée et les papillons de nuit

En 1825, le botaniste Carl Ludwig Blume crée le genre Phalaenopsis, du grec phalaina, la phalène, et opsis, l’apparence : ses fleurs blanches lui évoquaient des papillons de nuit posés sur les branches. En anglais, on l’appelle toujours la moth orchid, l’orchidée papillon de nuit.

Les noces d’orchidée

Dans la tradition française des anniversaires de mariage, les 55 ans de mariage sont les noces d’orchidée, juste après les noces d’or (50 ans) et avant les noces de diamant (60 ans).

Angraecum sesquipedale, l’orchidée de Darwin : le long éperon vert qui pend sous la fleur mesure près de 30 cm.
Angraecum sesquipedale, l’orchidée de Darwin : le long éperon vert qui pend sous la fleur mesure près de 30 cm.Photo sunoochi, CC BY 2.0
Pollinisation à la main d’une fleur de vanille, selon la méthode d’Edmond Albius.
Pollinisation à la main d’une fleur de vanille, selon la méthode d’Edmond Albius.Photo Forest and Kim Starr, CC BY 3.0 us
Cattleya labiata, gravure de Walter Hood Fitch pour le Curtis’s Botanical Magazine (1843).
Cattleya labiata, gravure de Walter Hood Fitch pour le Curtis’s Botanical Magazine (1843).Walter Hood Fitch (dessin), Swan (gravure), Curtis’s Botanical Magazine, 1843, domaine public

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  1. L’histoire

    Des chasseurs d’orchidées du XIXᵉ siècle à la fleur de supermarché, en passant par la convention de Washington.

  2. Orchidées sauvages

    Ophrys, orchis, sabot de Vénus : où et quand observer les orchidées sauvages, et pourquoi les laisser en place.

  3. Les espèces

    Phalaenopsis, cattleya, sabot de Vénus : reconnaître les grands genres et ce qui les distingue.

Sources