La hampe florale, c’est la tige qui porte les fleurs. Chez le phalaenopsis, elle ne meurt pas forcément après la floraison : tant qu’elle reste verte, elle garde le long de sa tige des bourgeons dormants capables de repartir. D’où les deux écoles, qui ont chacune raison selon les cas.
Repérer les « yeux »
Regardez la hampe de près : tous les quelques centimètres, une petite écaille brune ou verte, en forme de triangle, enserre la tige. C’est un nœud, qu’on appelle aussi un œil. Sous chaque écaille dort un bourgeon, qui peut donner une nouvelle ramification florale, ou plus rarement un bébé (voir plus bas).
Première situation : la hampe est encore verte
Vous avez le choix entre deux coupes.
Couper au-dessus d’un œil, pour refleurir vite
Coupez un à deux centimètres au-dessus d’un œil, en partant du bas : le deuxième ou le troisième, ou celui qui se trouve juste sous la première fleur fanée. Le bourgeon situé sous la coupe se réveille souvent et donne une hampe secondaire, qui fleurit en six à neuf semaines.
C’est le choix le plus satisfaisant à court terme. Mais cette deuxième floraison est en général plus courte et moins fournie, et elle puise dans les réserves de la plante. Réservez-la à une orchidée vigoureuse : plusieurs belles feuilles, des racines fermes.
Couper à la base, pour une plante plus forte
Coupez la hampe à un ou deux centimètres de sa base, au ras des feuilles. La plante ne refleurira pas tout de suite : elle consacre l’année à faire de nouvelles feuilles et de nouvelles racines, puis lance une hampe neuve, souvent plus longue et mieux garnie.
C’est la bonne coupe pour une plante fatiguée, qui a perdu des feuilles ou des racines, ou qui a fleuri plusieurs fois de suite.
Deuxième situation : la hampe jaunit ou sèche
Pas de choix ici : une hampe qui devient jaune puis brune ne repartira pas. Attendez qu’elle soit bien sèche, puis coupez-la à la base. La plante a récupéré ce qu’elle pouvait des réserves de la tige.
Comment couper
- Utilisez un sécateur ou des ciseaux bien aiguisés, désinfectés à l’alcool avant chaque plante. Les virus des orchidées se transmettent très bien d’une plante à l’autre par les outils de coupe.
- Coupez net, sans écraser la tige.
- Le petit chicot au-dessus de la coupe sèche en quelques jours : inutile de le traiter.
Le meilleur moment, c’est quand la dernière fleur est tombée. Couper une hampe encore fleurie ne fait pas refleurir plus vite.
Et si l’on ne coupe pas ?
Une hampe verte laissée telle quelle n’abîme pas la plante. Chez certains phalaenopsis, elle peut même redonner quelques fleurs depuis son extrémité ou un œil, sans intervention. Seul inconvénient : une tige nue n’est pas très décorative, et elle mobilise un peu d’énergie.
Un bébé pousse sur la hampe : le keiki
Il arrive qu’un œil de la hampe donne, au lieu de fleurs, une petite plante complète, avec ses feuilles puis ses racines : un keiki, mot hawaïen qui signifie « enfant ». C’est une bouture naturelle, génétiquement identique à la plante mère.
- Ne coupez pas la hampe qui le porte : elle le nourrit.
- Attendez qu’il ait deux ou trois feuilles et des racines de 4 à 5 cm, ce qui prend plusieurs mois.
- Détachez-le alors avec un petit bout de hampe, à l’aide d’un outil désinfecté, et installez-le dans un petit pot de substrat fin pour orchidées. Arrosez légèrement, gardez-le à l’abri du soleil direct.
Le keiki fleurira à son tour, en général au bout d’un à trois ans.
Et ensuite ?
Une fois la hampe coupée, la plante entre dans sa période de croissance : c’est le bon moment pour la rempoter si son substrat est usé. Pour la nouvelle floraison, tout se joue à l’automne, avec de la lumière et des nuits plus fraîches : voir faire refleurir une orchidée.




